La sémiologie dans l’Art

15 mars 2018

La signification d’un visuel ne relève-t-elle pas surtout du vécu du spectateur ? Cette interrogation revient assez souvent, qui tend à ramener tout ou partie du signifié visuel à l’expérience personnelle du spectateur.

En réalité cette idée naît de notre désir de conscience de ce que nous voyons, donc de maîtrise. Elle ne résiste pas à l’analyse sémiologique et fait l’objet d’une article à part : (Individu et Signifié) . En résumé, hormis par exemple une aversion pour une couleur due à un drame familial -noyade (bleu), accident sanglant(rouge), l’essentiel des sensations et significations visuelles, conscientes ou non, est majoritairement qualifiable de façon pragmatique.

La sémiologie visuelle intègre la notion d’ensemble à travers plusieurs signes plastiques, notamment : proportion, composition et angle de vue. On retrouve cette notion aussi appelée syntagme dans la théorie de la Gestalt. La sémiologie objective l’œuvre d’art.

Appliquée à l’œuvre picturale, elle révèle des éléments susceptibles d’échapper au regard, mais que la mémoire visuelle retient sur le temps long. Ces signes « invisibles » ressortent des perceptions non conscientes décrites aujourd’hui en neuropsychologie. Ils peuvent être responsables de l’impression générale que l’on retient a posteriori d’une œuvre, qui peut différer sensiblement de celle qui prévaut au coup d’œil, fût-il attentif et appuyé, porté à l’œuvre au sein d’une galerie d’exposition ou d’un musée.

La sémiologie se révèle donc explicative au sens des significations propres du visuel artistique, indépendamment de la culture que le spectateur a, ou n’a pas, à la fois de l’œuvre et de l’artiste. Elle suggère un éclairage pragmatique et fiable sur le long terme. Elle explore sans imposer l’ensemble des sensations et significations profondes que le spectateur pourrait y aimer plus tard en en prenant conscience dans l’instant.

Dans une démarche commerciale, l’analyse poussée jusqu’à l’évaluation de ces perceptions non conscientes éclaire aussi l’acheteur potentiel sur l’influence ambiante que le tableau aura chez lui. Elle est donc de nature à lui assurer la jouissance durable de son achat, au regard de l’insondable et indispensable déclencheur qu’est le « coup de cœur ».

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