Perceptions non conscientes

Aujourd’hui

A l’instar des images dites subliminales, ces perceptions échappent en grande partie à notre conscience et peuvent modifier nos choix et attitudes.

Le neuropsychologue Stanislas Dehaene décrit aujourd’hui le mécanisme d’accès conscient à l’essentiel de ce que nous voyons, et comment certaines perturbations contrarient ce processus.

Par ailleurs, le chercheur Didier Courbet, enseignant chercheur à l’université d’Aix-Marseille, montre un effet durable1 de perceptions mémorisées qui n’ont pourtant laissé aucun souvenir.

Ressource stratégique de l’ AVO, leurs écrits comme ceux d’une cohorte d’autres auteurs et chercheurs2 alimentent une base de connaissances qui intègre sémiologie et neuropsychologie.

Que sont-elles ?

Ce sont des perceptions visuelles mémorisées que le cerveau utilise à notre insu.

Entre la sensation lumineuse et la cognition, la perception va de la rétine au cortex visuel pour reconstruire une image «réaliste» de notre environnement.

Regarder un objet ou la pièce où nous sommes produit en général une image « immédiate » identifiable, que l’on peut décrire in extenso : c’est la pleine vision consciente.

Différentes circonstances moins favorables induisent des « perceptions non conscientes »3 aux effets similaires.

Si vous avez perçu quelque chose sans pouvoir le décrire, la perception est consciente mais sans accès à son contenu.

Si vous ne savez même pas que vous avez perçu quelque chose, la perception n’est pas consciente.

L’effet délétère provient d’un traitement incomplet de ces perceptions à l’origine d’une mémorisation partielle.

Des effets indétectables

Tout ce qui est perçu est susceptible d’être mémorisé dans le cortex visuel. La mémorisation, c’est l’encodage4, la réutilisation, le rappel : c’est lui qui est non-conscient.

Si ce rappel mémoire est non-conscient, le cerveau peut faire préférer une marque ou un produit, en l’absence totale de souvenir de les avoir déjà vus.

C’est ce que D.Courbet montre sur des objets visuels numériques aussi fréquents que bannières et popups sur nos smartphones. Et cette influence non-consciente peut aller jusqu’à suggérer un concept comme la catégorie.

L’omniprésence de ces objets publicitaires visuels laisse augurer de l’efficacité d’un mécanisme « inconscient » par nature.

Elle repose pour partie sur ce que nous percevons sans regard ou attention : ce logo en bas de l’affiche de concert, ce popup inopiné sur l’appli météo. Ou encore la grimace de l’un de vos deux interlocuteurs réagissant au discours de l’autre.

1 Plusieurs jours à plusieurs mois.

2 Neurosciences : A.Damasio, A.Berthoz, J-P Changeux, A-L Paradis, N.Faivre, M.Lesourd, C.Marendaz, C.Peyrin, D.Courbet, F.Eustache & B.Desgranges, F.Lotstra, J.Delacour, C.Bonnet, M.Boucart, N.Leveau, S.Bartolami,… .
Sémiologie & Communication : M.Cavassilas, M.Joly, T.Chancogne, A.Joannès, C.Morel, M.Pastoureau, D.Béréni, F.Birren, Groupe MU, G.Romey, M.Caboni, Y.Celka, P.Klee, W.Kandinsky, …

3 La notion de non-conscience n’a ici pas de rapport direct avec la psychanalyse ou la psychothérapie.

4 Ou engramme